Hemorroidectomie Classique


  • 1- Qu'est ce que des hémorroïdes ?Open or Close

    Les hémorroïdes résultent de la déformation, I'exagération, de pelotons vasculaires normaux, présents à la partie moyenne et haute du canal anal, ultime portion du tube digestif. Ces pelotons vasculaires normaux, constants, constitués d'artères et de veines, sont regroupés en trois coussinets. Si la ou les causes des hémorroïdes ne sont pas clairement élucidées, nul doute que l'effort de poussée pour déféquer occupe une place essentielle dans leur genèse.

    Les hémorroïdes sont classées en trois stades, selon leur importance et leur situation, à l'intérieur du canal anal (stade 1) ou leur protrusion à l'extérieur, appelée procidence (stade 3).

    Les hémorroïdes peuvent être source de plusieurs symptômes: douleurs, hémorragies, démangeaisons, souillures, sensations anormales, crises aiguës de thrombose... Quelque soit leur stade, c'est de l'existence de ces symptômes et non pas de leur stade que dépend la mise en route d'un traitement. En revanche les possibilités thérapeutiques sont largement dépendantes du stade.

    La chirurgie n'est proposée que lorsque les diverses mesures locales ont échoué (pommades, injections, ligatures élastiques, cryothérapie), et/ou lorsque les hémorroïdes atteignent le stade 3, ce qui rend ces mesures peu ou pas efficaces.

    Parmi des diverses techniques opératoires proposées, notre équipe retient deux opérations de conception, de réalisation très différentes : une opération classique dite de Milligan-Morgan, et une technique, d'introduction récente, dite de Longo.

  • 2- Comment se déroule l'intervention ?Open or Close

    Elle consiste à enlever la peau et la muqueuse distendues en même temps que le peloton vasculaire élargi, à la partie toute haute du canal anal, à l'origine de ces vaisseaux. Trois excisions de la sorte sont nécessaires. Des "ponts" de peau et de muqueuse sont conservés, intacts, entre les excisions. S'ils recouvrent des veines intermédiaires aux trois pelotons, elles sont excisées ("retirées"). Ces plaies ne sont pas recousues, mais laissées ouvertes. Ce pour éviter qu'une suture étanche ne se complique d'infection (présence des matières fécales) et pour ne pas rétrécir l'anus.

    Parfois, les hémorroïdes sont tellement volumineuses et surtout circonférentielles, qu'il est impossible de les enlever en totalité sans risquer de créer une sténose. La majeure partie est alors retirée lors de l'opération et on juge, 3 à 4 mois après, de la nécessité éventuelle d'une intervention complémentaire.

    L'opération dure de 20 à 40 minutes, ne fait perdre que quelques millilitres de sang. Elle a nécessité une anesthésie générale ou une péridurale.

  • 3- Les suites opératoiresOpen or Close

    Les suites opératoires sont marquées par la cicatrisation des trois plaies. Des soins locaux sont nécessaires jusqu' cicatrisation complète de la peau (environ 15 jours), celle de la muqueuse pouvant être plus longue (20 à 30 jours), exceptionnellement retardée, surtout en cas de fissure associée, jusqu'à 60 jours. Bien entendu, les conséquences ressenties vont diminuant au fur et à mesure que la cicatrisation progresse.

    Schématiquement cette période est marquée par quatre sortes de troubles:

    - La douleur. C'est elle qui a fait la mauvaise réputation de cette chirurgie. En fait, dans notre pratique, et du fait de modifications techniques apportées pour cela, elle est moindre qu'on ne le dit généralement. Les premières heures sont "couvertes" par l'injection d'un anesthésique local réalisée en fin d'intervention. Le relais est pris la première nuit par des injections de morphiniques. Par la suite les médicaments sont délivrés selon les cas, la douleur étant variable d'un opération à l'autre. En gros des antalgiques sont nécessaires de 7 à 15 jours.

    - Des pertes sanguines. Elles sont minimes, normales tant que tout n'est pas cicatrisé.

    - Un suintement des plaies, également normal, nécessitant de garnir son slip.

    - Une incontinence aux gaz, normale aussi et disparaissant avec la cicatrisation.

  • 4- Les soins post-opératoires sont simplesOpen or Close

    A votre sortie, vous pourrez les pratiquer vous même. Un lavage des plaies au moyen de bains de siège ou à la douchette, avec une solution antiseptique devra être réalisé 2 fois par jour et après la selle (le papier toilette devant être évité). Les plaies seront badigeonnées avec un liquide désinfectant et recouvertes de pommade. Il est normal que ces plaies suintent. L'écoulement peut être coloré (jaune, vert, marron…) et ne doit pas être confondu avec du pus. Des traces de sang peuvent s'observer sur les pansements ou sur les selles. L'infection des plaies opératoires est possible, mais elle est finalement très rare compte tenu du caractère très riche en microbes de la région. En plus de ces soins, il peut vous être demandé d'introduire quotidiennement un suppositoire cicatrisant et lubrifiant qui facilitera l'évacuation de la selle, ainsi que de réaliser un toucher rectal destiné à éviter le rétrécissement de l'anus.

  • 5- ComplicationsOpen or Close

    Les complications sont peu fréquentes. Une hémorragie peut survenir dans les premières heures, lâchage d'un nœud, ou plutôt d'une coagulation au bistouri électrique. Elle nécessite un geste chirurgical d'urgence, simple. Elle peut être retardée, jusqu'au 10e jour par chute d'une escarre de cicatrisation. Si elle est abondante, il faut consulter immédiatement aux urgences pour juger de la nécessité ou non d'un geste chirurgical. Ces hémorragies franches n'affectent pas plus de 5% des opérés, 2 à 3% justifiant un geste chirurgical. Les infections de la zone opérée sont très rares, d'autant que nous les prévenons par une antibiothérapie systématique faite pendant l'opération et poursuivie 48 heures.

    La sténose (rétrécissement) de l'anus survient, si l'on n'y prend garde dans 5% des cas au moins. Elle n'arrive jamais, dans notre expérience, si les soins post-opératoires sont bien faits. Cette sténose est très gênante et difficile à traiter. Il faut donc la prévenir. Pour cela, il vous est demandé de faire vous-même, chaque jour, un toucher rectal en introduisant l'index, recouvert d'un doigtier vaseliné, dans l'anus, à fond. Et ce à partir du 7e jour après l'opération et jusqu'à la consultation post-opératoire (entre le 15 et 21e jour). Si vous n'arrivez pas à faire ce toucher, parce qu'il est trop douloureux, même en prenant votre temps, il faut reprendre tout de suite contact avec le Service. Le remède consiste à faire ce toucher sous anesthésie générale, en dilatant bien l'anus, ce qui règle le problème.

  • 6- ConclusionOpen or Close

    Même si l'hémorroïdectomie classique reste une intervention douloureuse aux suites longues, il faut savoir que si cette opération se justifie, tous les autres traitements ayant échoués (rappelons que seuls 10% des malades souffrant de leurs hémorroïdes seront finalement opérés), le taux de satisfaction des opérés est très élevé, proche de 90%.

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